Non, « l’argent ne fait pas le bonheur », affirme le vieil adage. Jules Renard, il y a plus d’un siècle, ajoutait : « Si l’argent ne fait pas le bonheur : alors rendez-le ! » Plus près de nous, Coluche raillait : « l’argent ne fait pas le bonheur… des pauvres ».

De l’argent, il en faut un minimum… Une célèbre étude américaine de 1974 a constaté que l’augmentation du revenu des pays élevait le bonheur des habitants, mais jusqu’à un certain point. Au-delà d’un certain niveau de revenu par habitant (aux alentours de 15 000 dollars par an) les  hausses de revenu ne se traduiraient plus par une augmentation du niveau de bonheur déclaré.

Plus que son beau-frère… Lorsque les gens subviennent à leurs besoins, les écarts de revenus comptent bien plus que le niveau de revenu ; en somme, gagner 10 000 dollars par an quand tout le monde en gagne 8 000 rend plus heureux qu’en gagner 32 000 quand tout le monde gagne 40 000… Et c’est ainsi qu’une formule bien de chez nous dit qu’avoir un bon salaire, c’est gagner 500 € de plus que son beau-frère.

Creusons un peu, et regardons ce qui nous rend heureux. Il y a d’abord le niveau de base, les besoins vitaux : alimentation, logement, santé, éducation. Ne pas pouvoir les satisfaire, pour soi, et plus encore pour ses enfants, procure un sentiment de manque douloureux. Mais dès que le vital est assuré, il faut reconnaître que c’est nous qui donnons forme à l’argent, c’est nous qui le transformons en fringues, voitures, voyages, don ou réserve… Ce sont nos choix personnels.

Dans son livre « Comment être heureux et le rester » Sonja Lyubomirsky souligne que nous nous habituons bien vite, bien trop vite, à ce qu’on a gagné de plus ; si vite que cela débouche sur un sentiment de vide. Les clés du bonheur sont multiples et pas forcément matérielles : estime de soi, sentiment d’être libre et autonome, sentiment d’être utile, liens forts avec des proches…

Et si c’était simple, le bonheur ? Ils sont nombreux, de tous âges et de toutes conditions sociales, à trouver le bonheur ailleurs que dans le strict matériel. Ils ne voient pas le bonheur comme un élément extérieur à acquérir, ni comme un but à atteindre, mais comme une énergie ou un sentiment déjà existant en eux, qu’il convient simplement de cultiver, entretenir, nourrir au quotidien comme on arrose une plante.

C’est à chacun de trouver ses clés personnelles de satisfaction durable car le bonheur ne s’achète pas sur catalogue.