Voici la suite du journal d’ Hubert. Le cauchemar continue, mais nous avons quand même de bonnes nouvelles. Hubert s’est rapproché de medecins et de scientifiques qui font des recherches sur les nuisances des éoliennes: il est enfin pris au sérieux.

Nuit du samedi 17 au dimanche 18 décembre 2011
Le bruit me réveille la nuit, avec un début de fièvre. Je ne sais plus quand, pas noté. Je reste au lit, trop crevé. Je cherche à reposer le cerveau en appuyant ma tête sur un doigt qui bouche l’oreille droite.
Ne pas entendre, même 10 minutes, fait toujours du bien. Je somnole ensuite.
Dimanche matin, le bruit me réveille : je dormais, donc.
Je continue de rester au lit, je m’accroche, je veux me reposer, mais je ne dors plus.
A 10h, j’en ai marre du bruit, je me lève, pas la peine d’essayer de dormir, l’esprit ne peut pas se reposer.
A 11h, dimanche matin, les MMMMMMM…….MMMMMMM…..MMMMMM… continuent toutes les 5 secondes, très régulièrement. Ça rend fou.

Je n’ai finalement pas bien dormi, et, encore une fois (ça arrive très souvent depuis quelques temps), avec dans la nuit un réveil lent, « émergeant », où je me suis retrouvé avec de la fièvre, mais légère cette fois-ci (et je suis resté au lit, trop sommeil). Parfois, je me retrouve, lorsque des « MMMM…MMMM… » plus forts me réveillent, complètement trempé.
J’ai l’impression qu’avec un bruit moyen je suis lentement tiré, extirpé de mon sommeil et ma fièvre est alors faible à moyenne. Je me rappelle en revanche que, avec un bruit plus fort, la fièvre peut être très violente (je suis alors carrément trempé, en nage, comme on dit), et le réveil est beaucoup plus rapide, intempestif. Dans ces cas-là, le bruit étant insupportable (je ne tente pas de rester couché), la fièvre violente passe en une seconde dès que je suis debout. Drôle de fièvre.
Dans ces cas de fièvres qui précédent, pendant que je dors encore, le bruit qui finit par me réveiller, c’est comme si mon esprit, luttant contre le bruit pour me maintenir en sommeil, se mettait à déconner complètement, ne sachant plus quoi faire pour repousser l’agression (les oreilles restent en effet actives pendant le sommeil). Agression forte, réveil rapide avec fièvre forte, agression faible, réveil lent avec début de fièvre douce ? Peut-être, qu’est-ce que j’en sais, moi ? Je constate, j’essaie de comprendre.
J’en avais parlé à Sarah Laurie (une médecin australienne qui étudie le syndrome éolien, c’est Calvin Luther Martin qui m’a mis en contact avec elle), et elle m’avait répondu :
(Le 13/12/2011, en réponse à mon mail du jour-même)
« Hubert, what I think is happening is that deep in your brain, it is being stimulated by the low frequency noise/infrasound. Via the vestibular system, as discussed by Nina, and perhaps also via another mechanism, but there is no doubt that the body’s fight / flight sympathetic nervous system is being activated in all sorts of ways with exposure to wind turbines, and it is also increasing the body’s stress hormone – cortisol. Chronic elevated cortisol is not good for your health. »
Je traduis :
« Hubert, je pense que ce qui arrive, c’est que dans les profondeurs du cerveau, il [l’esprit, « the mind », dont je lui parlais] est stimulé par les basses fréquences/infrasons, via le système vestibulaire, comme Nina [Pierpont, USA] l’a discuté, et peut-être aussi via un autre mécanisme, mais il ne fait aucun doute que le système nerveux sympathique de lutte/fuite du corps est activé de tout un tas de manières par l’exposition aux éoliennes, et qu’il augmente aussi l’hormone du stress, la cortisol. Une élévation chronique de cortisol n’est pas bonne pour la santé. »
Je lui avais aussi dit que j’oubliais de plus en plus souvent des choses simples qu’on venait de me dire (comme oublier dans les 20 minutes d’aller chercher le père de J., ou pour les courses, ou même que je ne pouvais plus ni lire ni me concentrer sur mon travail depuis deux mois). Voici ce qu’elle m’avait répondu :
« Hubert, this is being experienced by many people. I am starting to think there is some sort of acute on chronic brain injury process going on, as the pattern is so very similar (memory and specific cognitive deficits) also seen in acute brain injury patterns of injury. It largely recovers with cessation of exposure, but some people have long term memory problems, and it can take time to resolve (months at least if you have had prolonged exposure).
Je traduis :
« Hubert, un grand nombre de personnes [victimes des effets des éoliennes] vivent des choses comme ça. Je commence à penser qu’il y a un processus de dommages cérébraux chroniques aigus qui se développe, étant donné que le schéma est très similaire (déficits cognitifs et de mémoire) à celui qui est reporté également dans les schémas de dommages cérébraux aigus. Les capacités cérébrales reviennent largement avec la cessation de l’exposition [aux éoliennes], mais certaines personnes ont des problèmes de mémoire à long terme et leur résolution peut prendre du temps (au moins des mois si on a subi une exposition prolongée.) »
Quant à Calvin Luther Martin, l’associé du Dr. Nina Pierpont, il m’a clairement dit qu’il fallait que je parte vite de chez moi (extrait de son long mail) :
(Le 06/12/2011, en réponse à mon mail du 04/12/2011)
« Cher Monsieur de Bonneville,
Nous vous remercions de votre note gracieuse. Et merci pour vos aimables paroles.
That’s about the extent of my French, I’m afraid. Allow me to continue in English.
Voilà, j’en ai bien peur, à peu près tout ce que je peux écrire en français, aussi permettez-moi de continuer en anglais.

I am responding on Nina’s behalf. She’s a country doctor and she’s buried by her practice. You understand, I’m sure. I have printed off your note, and Nina will be reading it this evening when she’s done seeing patients. If she has anything further to add to what I say, below, she will write to you. […]

Je vous réponds au nom de Nina. Elle est médecin (en zone rurale) et croule sous les visites. Vous comprenez, j’en suis sûr. J’ai imprimé votre mail et Nina le lira ce soir au retour de sa tournée de visites à ses patients. Si elle a quoi que ce soit à ajouter à ce que je vais dire ci-dessous, elle vous écrira. […]

There is no cure for your Wind Turbine Syndrome, except to move away. There are no pills you can take; there is no “specially designed” earplug. Either you move away or the wind developer turns off those turbines. Since the latter is not going to happen, you need to move away. 

Il n’y a aucun remède à votre Syndrome éolien, sauf de partir de chez vous. Il n’existe aucun médicament que vous pourriez prendre; il n’y a pas de « bouchons sur mesure » pour les oreilles. Soit vous déménagez, soit l’opérateur arrête ses éoliennes. Comme ça, ça ne risque pas d’arriver, il faut que vous partiez de chez vous.

A few things you should know. You will find yourself becoming more “sensitized” to the infrasound over time. Yes, the effects on you will get worse, I’m sorry to report. In addition, you are likely going to have cognitive problems sooner or later. […] 

Quelques choses que vous devez savoir : vous allez vous trouver de plus en plus « sensibilisé » aux infrasons avec le temps. Oui, les effets sur vous vont empirer, je suis désolé de le dire. En plus, il est probable que allez avoir des problèmes cognitifs tôt ou tard. »

The good news is, the effects are reversible—we think. Cognitive deficits take longer to resolve. There is, however, the possibility that the infrasound may affect your heart. Hypertension has become a problem among some WTS victims, both in Falmouth (Mass.) and elsewhere in North America and abroad. Dr. Sarah Laurie, a rural physician in Australia, has been studying the cardiac effects of turbines; you’re welcome to correspond with her. (I’ve copied her with my reply.) 

La bonne nouvelle est que les effets sont réversibles – pense-t-on. Les déficits cognitifs prennent plus de temps à se réparer. Il y a, cependant, la possibilité que les infrasons affectent votre coeur. L’hypertension est devenue un problème parmi certaines victimes du syndrome éolien [WTS : Wind Turbine Syndrome »], à Falmouth (Massachussetts, USA) et ailleurs en Amérique du Nord et à l’étranger. Le Docteur Sarah Laurie, médecin [« de campagne »] en Australie, étudie les effets cardiaques des éoliennes, ne vous gênez pas pour correspondre avec elle (je l’ai mise en copie de ce mail).

I am taking the liberty of sharing my response (and your letter) with a number of people who, I feel, need to hear your story. Robert Rand is an American acoustician who specializes in wind turbine infrasound. Dr. Helen Parker is a clinical psychologist with a keen interest in behavioral effects from turbines. Professor Elizabeth Wheatley is an American scholar who is doing a research project on people with WTS. Lilli Green (Massachusetts) is a well-known advocate against turbines placed too near people’s homes—as are Sheila Bowen (Massachusetts) Sherri Lange (Canada), Eric Bibler (Connecticut), and Barbara Durkin (Massachusetts). 

Je prends la liberté de partager ma réponse (et votre mail) avec un certain nombre de personnes qui, je pense, ont besoin d’entendre votre témoignage. Robert Rand est un acousticien américain qui s’est spécialisé dans les infrasons émis par les éoliennes. Le Dr Helen Parker est une psychologue clinique qui porte un intérêt particulier aux effets comportementaux dus aux éoliennes. Le Professeur Elizabeth Wheatley est une spécialiste qui mène actuellement une recherche sur les personnes atteintes du syndrome éolien. Lilli Green (Massachussetts) est une avocate connue qui se bat contre les éoliennes placées trop près des gens – comme le sont Sheila Bowen (Massachusetts), Sherri Lange (Canada), Eric Bibler (Connecticut), and Barbara Durkin (Massachusetts).

You’re right, we do get innumerable letters like yours. From around the world. As soon as I finish writing this note, I have several more emails to reply to—just like yours. I can’t tell you how anguished Nina & I—hell, not just Nina & I, but everyone I have copied with this note—over stories like yours. If it’s any consolation, we share your pain and anger. 

Vous avez raison, on reçoit effectivement d’innombrables lettres comme la vôtre. De partout dans le monde. Dès que j’aurai fini d’écrire ce mail, je répondrai à un tas d’autres qui sont comme le vôtre. Je ne peux pas dire à quel point Nina et moi-même sommes inquiets – bon Dieu, pas que Nina et moi, mais chaque personne à qui j’ai mis ce mail en copie – face à des témoignages comme le vôtre. Si ça peut être d’une quelconque consolation, sachez que nous partageons votre souffrance et votre colère.

There is something you can do to help victims like yourself. You can permit me to post your story on our website. People need to hear what you’re going through. This is the best way to fight this horror: stories like yours. This is what we do: we tell the stories. Will you let us add your story to our site? And if you can send me digital photos of yourself (head shot is best) and your surroundings, home, and turbines, all the better. 

Il y a quelque chose que vous pouvez faire pour aider les victimes comme vous. Vous pouvez m’autoriser à poster votre témoignage sur notre site internet. Il faut que les gens entendent ce que vous subissez. C’est le meilleur moyen de combattre cette horreur : des témoignages comme le vôtre. C’est ce qu’on fait : on raconte ce que les gens vivent. Est-ce que vous nous permettez de diffuser votre témoignage sur notre site ? Et si vous pouviez m’envoyer des photos numériques de vous (le visage, c’est mieux) et de votre environnement, de votre maison, et des éoliennes, ce sera encore mieux.

Blessings on you, 

Calvin Luther Martin, PhD » 

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Calvin et Sarah m’ont envoyé beaucoup de documents depuis. Aux Etats-Unis et en Australie, ils sont très avancés dans l’étude des dégâts des éoliennes sur les gens.

Sur le site de Nina Pierpont (http://www.windturbinesyndrome.com), à la rubrique « Current News Articles », on trouve des centaines de témoignages du monde entier (en anglais). Calvin vient de me dire qu’il allait mettre le mien. On dit tous la même chose, et pratiquement dans les mêmes termes. Un tas de gens ont dû déménager, la mort dans l’âme et dans la colère. Certaines personnes, comme moi, ne peuvent plus vivre chez eux alors qu’ils sont à plus de 10 km d’éoliennes qu’ils ne voient pas… Les autres, là-haut, dans ma montagne défigurée, sont à 7 ou 8 km… 

Sarah Laurie, en Australie, a mené une enquête officielle pour le Sénat Australien destinée à recueillir des témoignages sur les nuisances des éoliennes géantes. Son étude a donné lieu cet été à des recommandations du Sénat Australien sur l’implantation de ces éoliennes, l’une de ces recommandations étant : pas d’éoliennes à moins de 10 kilomètres de toute habitation humaine… 

C’est l’avis aussi d’un grand nombre de médecins australiens qui ont soutenu ce rapport (http://www.windturbinesyndrome.com/news/2011/physician-calls-for-10-km-setbacks-australia). 

(Site australien de la Waubra Foundation (Sarah Laurie) : http://waubrafoundation.com.au) 

L’acousticien américain Robert Rand (http://www.windturbinesyndrome.com/news/2011/we-experienced-nausea-headache-vertigo-inability-to-concentrate-testifies-acoustician-maine) démolit toute la propagande des lobbies industriels, des corps médicaux institués « en retard » et des politiques sur les effets des infrasons ou extrêmes graves des éoliennes géantes. Ce n’est pas le seul. 

Sarah Laurie m’a envoyé l’étude du Docteur Alec N. Salt, du département d’otolaryngologie de la Washington University School of Medicine de Saint Louis, Missouri, USA (laboratoire de recherche sur les fluides de la cochlée), qui pense, lui, que les infrasons émis par les éoliennes géantes pourraient affecter tous les gens qui les reçoivent, qu’ils entendent ou non, qu’ils aient conscience de symptômes ou non. 

(http://www.windturbinesyndrome.com/news/2010/wind-turbines-are-hazardous-to-human-health) 

On parle là de milliers de gens, car les infrasons/extrême graves se propagent sur des distances énormes.

Je le sais, moi, je les entends à Brives-Charensac, à 17 km à vol d’oiseau (visibles de Brives-Charensac en droite ligne, elles arrosent tout le bassin depuis là-haut, et de l’autre côté aussi, côté plateau du Mézenc).

Quant aux « mesures de bruit » effectuées par les opérateurs, elles sont incomplètes.