Annette Grawitter , allemande , architecte d’intérieur, est installée en Haute -Loire avec sa famille depuis 2008. Pour STRADA, elle va à la rencontre de personnes qui ont également fait le choix de vivre ici, dans un autre pays que le leur.

 

Née en 1960 Friederike LUERS a grandi en Allemagne à la bordure de Braunschweig. Enfant, elle a appris à jouer du violon. Après son bac, elle commence des études en théologie et en lettres, mais c’est l’art, sa passion, qui prédomine dans sa vie. Elle suit alors une formation de théâtre à Munich, qu’elle peut payer en travaillant comme modèle pour des sculptures à l‘académie des Beaux-arts. Après ses études elle cherche des engagements dans les théâtres en Allemagne du Nord, les tickets de train payés par sa musique de rue comme violoniste… À Berlin, elle se produit pendant 14 ans au théâtre Zan Pollo et commence également son travail de peinture et sculpture.

Aujourd’hui je la rencontre au Bouchet-Saint- Nicolas, chez elle, dans une ancienne ferme rénovée, qui sert aussi d’atelier et de salle d’expo. Elle est en train de répéter le violon…

Annette : Comment se fait-il que vous viviez en France ?

Friederike : Jusqu’en 2001 je vivais à Berlin où je travaillais alors comme directrice d’un centre de création pour les jeunes défavorisés. Pendant les vacances je suis allée avec une amie en Bretagne et là j’ai fait connaissance de Serge, un tailleur de pierre ardéchois. J’ai déménagé en France pour vivre avec lui.

Annette : Comment s’est déroulée votre installation ?

Friederike : Nous avons d’abord rénové une maison dans le sud. J’étais souvent l’attraction pour les gens d’ici, du fait que je venais de Berlin ! J’ai été reçue à bras ouverts et avec beaucoup de curiosité. Lorsque nous avons fini les travaux, nous avons dû pour différentes raisons vendre la maison. Alors, pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment choisi un lieu en plein pays inconnu : Le Bouchet-Saint-Nicolas.

Annette : Comment avez-vous appris le français ?

Friederike : Je suis arrivée en France avec un niveau scolaire de la langue. J’ai placé dans la pièce une ardoise où je notais des mots, et en les voyant jour après jour j’ai appris du vocabulaire. J’ai aussi suivi un cours de français au Puy.

Annette : Qu’est-ce que vous jugez « typiquement français » ?

Friederike : Lorsque les Allemands réfléchissent à comment améliorer le jardin, le français le savoure. Alors que l’Allemand a toujours besoin de résoudre un problème, le Français attend le bon moment…

Annette : Quel est votre cadre de vie ?

Friederike : Depuis 2008 je vis seule au Bouchet et je suis très bien ici et je souhaite y rester, même si des gens s’interrogent sur le fait que je ne rentre pas en Allemagne. Ici, je me sens proche de la nature : elle demande de toujours « prévoir » et d’être en bonne santé. J’ai mon jardin potager et ma salle d’expo. J’ai un travail salarié d’aide scolaire et par rapport à mon art je suis « cinq-fois-partie » : la création du jardin, le violon, la sculpture, la peinture et le théâtre.

Annette : Est-ce que vous avez un rêve ?

Friederike : Ah, oui. Maintenant je pratique mon art seule et seulement à partir de ma propre inspiration. J’aimerais bien de nouveau installer un groupe de théâtre d’amateurs comme j’avais déjà dirigé à Berlin, une occasion de travailler ensemble, un lieu d’inspiration commune où on ne se prend pas trop au sérieux.

En suivant cette idée je suis sûre qu’elle – avec sa passion pour l’art – va rassembler une belle équipe de théâtre… Je finis ma tasse de café, je remercie, et je dis au-revoir à Friederike.

ATELIER / GALERIE Friederike Lüers – tionRoute de St. Haon Le Bouchet St. Nicolas

Pour se joindre à l’équipe de théâtre dès maintenant, tél : 04 71 57 38 07 Répétition le samedi au Bouchet St. Nicolas

 

Annette Grawitter