Symphytum officinale / Famille des Boraginacées

La consoude est facile à reconnaître grâce à ses larges feuilles pointues, longuement pétiolées, et à ses hampes florales portant à 80 cm ou plus au-dessus du sol des grappes denses de fleurs en forme de cloche allongée de couleur variable : blanche, jaunâtre, rose, violette… Les grappes sont recourbées sur elles-mêmes pour former une « cyme scorpioïde », inflorescence « en queue de scorpion » caractéristique des Borraginacées : on la retrouve chez le myosotis par exemple. C’est encore par le toucher que l’on identifiera la consoude avec la plus grande certi­tude : ses feuilles et ses tiges sont couvertes de poils courts et raides donnant à celui qui la touche l’impression de caresser une joue mal rasée…

Cette sensation doit toujours être présente lorsque l’on cueille les feuilles de consoude : soyez sur vos gardes si vous avez affaire à de douces feuilles couvertes de poils soyeux. Il s’agit probablement de la mortelle digitale ! Si la confusion s’évite facilement quand les plantes sont en fleurs [La digitale, que l’on nomme aussi « gant Notre-Dame », possède de grandes fleurs pourpres en forme de doigt de gant.], elle est plus difficile au printemps, avant que les hampes florales ne se soient déve­loppées. Et il est arrivé que des gens préparent au lieu de filets de consoude des « filets de digitale » qui auraient pu les libérer de tous leurs soucis terrestres s’ils n’avaient été prévenus à temps de leur erreur ! Alors, commencez peut-être par ramasser la consoude au cours de l’été, lorsqu’elle fleurit.

La récolte est rapide car les feuilles sont, bien qu’un peu rêches, faciles à cueillir. Les plus jeunes ajouteront une note toute personnelle aux salades composées. Quant aux plus anciennes, il n’en est de meilleur usage que ces moelleux « filets de consoudes », dont la saveur rappelle de façon surprenante celle de la sole !

Quelle extraordinaire plante que la consoude ! En plus de ses qualités gustatives, sur lesquelles tout le monde s’accorde, elle possède d’importantes vertus diététiques. Ses feuilles renferment environ 5 % de protéines (en poids frais, près de 30 % en poids sec) équilibrées en acides aminés, c’est-à-dire de valeur équivalente, aux protéines animales, supérieures même à celles de la viande ! Et sa productivité est énorme : d’après des essais réalisés en Grande-Bretagne, un hectare de consoude peut produire environ huit fois plus de protéines que la même surface plan­tée en céréales et cinquante fois plus que si l’on y élevait du bétail pour la viande ! Peut-être y aurait-il quelque chose à creuser dans cette direction…

Attention néanmoins car la plante renferme, surtout dans sa racine, un alcaloïde pyrrolizidinique. À doses élevées, celui-ci s’est montré expérimentalement toxique vis-à-vis des animaux de laboratoire, provoquant de graves maladies du foie, potentiellement mortelles. Cependant, les études effectuées sur les êtres humains semblent avoir prouvé que la consommation raisonnable de consoude était sans danger. en Angleterre et aux États-Unis, des gens en mangent depuis trente ans sans connaître de problèmes de santé. La controverse déchaîne néanmoins les passions.

RECETTE : Filets de consoude

  • Préparez une pâte à crêpe assez liquide avec de la farine, des œufs, du lait (ou de la bière) et un peu de sel.
  • Collez deux à deux de belles feuilles de consoude, dos à dos, en appuyant avec la main ou un rouleau à pâtisserie (ou une bouteille) pour qu’elles adhèrent bien ensemble.
  • Trempez les feuilles dans la pâte puis déposez-les dans une poêle graissée très chaude. Faites dorer des deux côtés et dégustez chaud avec un filet de citron et quelques grains de sel