Les terrasses du château de Léotoing

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Perché sur son piton rocheux, le vieux château de Léotoing commande encore son ancien domaine au-dessus de la vallée de l’Alagnon. A l’horizon, la forteresse soutient sans faiblir le regard du Cézallier qui porte encore les derniers vestiges de l’hiver. Entre la haute tour du château et le vieux massif volcanique, l’Alagnon a creusé son chemin dans la lave, créant le « pays coupé » : une vallée où l’adret, le côté ensoleillé, et l’ubac, le côté à l’ombre, sont très marqués. Confrontés à ce relief particulier, les hommes ont dès le Moyen-Âge exploité les côtés exposés au soleil au prix d’une lutte farouche contre l’érosion : ainsi naquirent les terrasses. Il fut un temps où vignes, vergers, céréales et jardins maraîchers couvraient les surfaces horizontales de ces gradins de pierre arrachés à la pente. Disparues depuis le début du XXè siècle, les terrasses renaissent aujourd’hui au sein d’un projet de développement global grâce à l’association des Amis de Léotoing… Pour lire la suite de l’article, cliquer sur les trois points suivants

Un vaste projet de reconquête du territoire

Créée en 1978, l’association des Amis de Léotoing s’est d’abord attachée à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine rural local. En 1999, sous l’impulsion de Claudine Cormerais, Présidente de l’association, et de son mari, un projet global de développement écotouristique de Léotoing et de la vallée de l’Alagnon voit le jour. Les terrasses en font partie. Griotte sur le gâteau, chacune d’elles recevra un griottier, en « hommage » à la griotte de Léotoing, dont la production en vergers est prévue aussi.

Les terrasses : fond ancestral, forme moderne

Répondant aux clins d’œil répétés du soleil qui continue imperturbablement à éclairer les adrets sans tenir compte des abandons humains, le projet de reconstruction de terrasses est lancé en 2002. Arnaud Maurières et Eric Ossart, deux architectes paysagers très connus, proposent alors des terrasses de forme originale, « en écailles ». La maîtrise d’ouvrage est confiée à un artiste tout aussi exceptionnel, Cristian Omelhier, qui encadre les groupes de bâtisseurs et leur transmet son savoir-faire de « murailher » : constructeur de murs en pierres sèches.

La jeunesse, rempart contre l’oubli

Qui sont ces bâtisseurs qui remodèlent ainsi, pierre après pierre, les pentes du château ? Ils sont français, allemands, australiens, italiens, américains, marocains, anglais… Ils font partie de l’association de sauvegarde du patrimoine et d’éducation populaire « Rempart ». Quinze jours par an, ils sont une dizaine à venir construire les terrasses sous la direction de Cristian Omelhier. Huit chantiers ont déjà eu lieu, il en reste trois pour finir la tranche des travaux en cours. Actuellement, cinquante terrasses ont été construites mais deux cents sont prévues.

La boucle passé-avenir…

Au début des travaux, précise Claudine Cormerais, il a fallu enlever beaucoup d’arbres, et c’est à cette occasion qu’une découverte étonnante a été faite : la citerne du château, cœur de l’ancien système hydraulique de la forteresse médiévale, alimentée directement, par siphonnage, par …les eaux du Cézallier ! Anthoine de Lauthon (dont le nom a donné Léotoing…) en frémirait ! Il fut en effet le premier, au XIè siècle, à avoir fait aménager une esplanade sur le piton rocheux pour y planter un lieu fortifié : la première terrasse, en quelque sorte ! Au XIVè siècle, les Dauphins d’Auvergne ont ensuite agrandi la forteresse pour lui donner sa forme définitive – en 1364, tout le monde a eu très peur car les anglais étaient à Brioude – puis le château est tombé en ruines à partir du XVIè siècle. Mais voici qu’aujourd’hui le pays renaît, emmené par l’énergie et l’optimisme de Claudine Cormerais et de Louise Thuaire, la secrétaire de l’association. Si vous en doutez, allez voir par vous-même !

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Le vieux château du XIVè voit désormais ses flancs millénaires se couvrir de terrasses du …XXIè

« Les Printemps de Léotoing » 2009 : 13-14 et 21 juin.

Le site des Amis de Léotoing :

http://www.creatifs-culturels-auvergne.com/
Hubert Brunel

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