En janvier 2013, toutes les constructions neuves d’habitat pour les particuliers devront être BBC. Alors que fait-on de notre logement de conception ancienne ? On ne va pas le mettre à la poubelle, ni déménager parce qu’il ne répond pas aux nouvelles normes… mais on peut se poser la question d’un aménagement, d’une rénovation ou d’une façon d’habiter notre logement plus en phase avec les critères BBC.

Nous nous sommes penchés sur des techniques ancestrales que l’on trouve plein de bon sens, et qui sont réunies sous l’appellation bio-climatique. Pour nous éclairer, nous avons rencontré Jean Laporta co gérant de l’entreprise Bélénos à Brioude, maîtrise d’oeuvre, conception et maîtrise de chantier en construction et rénovation- « Le choix du bioclimatique est un choix personnel, un choix éthique pour mon associé et moi. Nous voulons proposer une alternative aux constructions traditionnelles, en tirant profit de l’environnement et en lui infligeant un minimum de dégât. C’est une motivation profonde, mais c’est aussi une adaptation au marché. »

Définition de la bio-climatique : une discipline qui prend en compte tous les éléments environnementaux : l’emplacement de la construction, la pente, le relief, la végétation… en appliquant les principes de sobriété et d’efficacité énergétique.

1 – Faire un bilan du lieu. Les nouvelles constructions seront intégrées au relief pour être protégées du vent et ouvertes au sud pour profiter naturellement de l’utilisation du soleil (chaleur, lumière). On évite les ouvertures au nord pour privilégier celles orientées sud-est au sud-ouest. Pour profiter au maximum du cycle du soleil, des maisons bioclimatiques prennent une forme semi-elliptique.
Au jardin, on choisit une arborescence de feuillus au sud pour avoir de l’ombre en été et laisser passer le soleil en hiver. Au nord, on cherche une végétation plus persistante.

2 – Isoler au mieux la maison pour retenir la chaleur du soleil que l’on aura fait entrer.
Le projet constructif sera le plus compact possible, car plus une maison est étalée, plus elle se refroidit vite.
Au nord de la maison, on peut imaginer l’installation de pièces tampons pour contrer le froid en hiver. Ce sont les garages, les caves, les coursives celliers…

3 – Le choix des matériaux
Le bioclimatique suit une démarche globale depuis la construction des murs jusqu’à l’isolation. Les murs ont plusieurs fonctions : ils portent la maison et participent à l’inertie thermique. Les matériaux utilisés doivent permettent également de réguler l’hygrométrie, car une maison trop humide développe des moisissures, et une maison trop sèche est mauvaise pour la santé. Les matériaux choisis sont dits «perspirants».
La maison doit être très étanche à l’air, moins à l’humidité, et ventilée par un système de VMC Double flux. L’air intérieur des maisons serait en moyenne 4 à 5 fois plus pollué que l’air extérieur. Par exemple, une peinture de type classique va continuer d’émettre des particules toxiques pendant des années. Il faut donc trouver des alternatives, utiliser des matériaux plus écologiques qui respectent l’environnement et la santé des habitants.
Pour jean Laporta les choix de matériaux sont clairs : « Les murs sont en béton cellulaire, ou brique, ou ossature bois, ou béton de chanvre. L’isolation en pierre ponce (pouzzolane), ouate chanvre, chanvre, liège. On travaille avec du bois local, du douglas, qui n’a pas besoin de traitement, les peintures ne contiennent pas de pétrole et de COV composants organiques volatiles (nocifs). Les enduits extérieurs aussi sont écologiques. Même la colle utilisée participe à l’isolation. »

En conclusion, la maison bio-climatique est un ensemble complexe ; les éléments qui le composent ne sont pas cloisonnés, ils interagissent pour former une entité en harmonie avec l’environnement, dans laquelle il fait bon vivre.

JA