Pendant longtemps, le jardinage et moi cela a fait deux. Une fois installé à la campagne et muni d’un bout de terrain, le citadin que j’étais s’est mis à cet exercice. Pourquoi vous raconter ainsi ma vie ? Simplement pour expliquer la totale ignorance qui était la mienne et situer le niveau de ceux et celles à qui je m’adresse : amis béotiens, cet article est pour vous. Quant aux spécialistes, vous n’apprendrez rien ici que vous ne savez déjà.



To bac or not to bac ? Meuunon, il n’est pas nécessaire d’avoir son baccalauréat pour réussir son compost ! La question ici posée est celle du contenant : bac en plastique, en bois, ou pas de bac du tout.
Dans le cas des tout petits terrains ou de l’habitat collectif il faut un bac. Les modèles les plus simples sont à privilégier, bannissez les hideux parpaings ! Pour les bricoleurs du dimanche, quelques planches de bois (non traité) feront l’affaire. Le seul inconvénient du bac en bois est qu’il rendra l’âme au bout de quelques années. Si vous avez la place, le tas à l’air libre convient très bien : le compost est plus facile à «travailler mais reste esthétiquement discutable et son processus de décomposition est un peu plus long.
A moins d’héberger une colonie ou de faire une consommation industrielle de légumes, voyez petit ! La plupart des bacs vendus dans le commerce sont trop grands. Et comme il vous en faudra au moins deux…
Bac ou tas, posez les déchets à même une terre nue légèrement retournée… histoire d’ouvrir en grand la porte aux petites bestioles qui vont se régaler du cadeau que vous leur faites et vous remercieront en vous donnant un engrais sans équivalent.

Les cinq commandements du compost
Deux fois moins que ceux de Moïse… quand on vous dit que c’est simple le compost !
– deux (voire trois) bacs ou tas tu feras. C’est à mon avis le secret de la réussite : vous mettez les déchets frais dans le premier et après quelques semaines vous passez les plus anciens (ceux qui sont au fond) dans le second. Avec un troisième bac (ou tas), vous vous retrouvez avec un compost presque arrivé à maturité. Pratiquement inratable.
– Les déchets tu choisiras et si besoin découperas en morceaux pas trop gros : épluchures de légumes, restes de repas et pratiquement tous les autres déchets de cuisine, déchets du jardins et déchets de maison (mouchoirs en papier, cendre de bois). A éviter : viande et poisson sur des tas à l’air libre (ce sont les insectes et les lombrics que vous voulez nourrir, pas les chiens du quartier) et certaines graines (tomates, potirons et mauvaises herbes). Faut-il préciser que doivent être exclus les plastiques, verres, métaux, produits chimiques…?
– Soigneusement tu les équilibreras en quantités à peu près équivalentes et les alterneras en couches selon leurs types : déchets durs et déchets mous, déchets gros et déchets fins, déchets secs et déchets humides, déchets azotés et déchets carbonés…
– Remuer, tournibouler et chambourlificoter ton compost tu feras régulièrement. Une fourche à trois ou quatre dents est l’outil idéal pour ce travail.
– L’humidifier tu feras. Ni trop (vous noyez les bestioles) ni pas assez (elles meurent de soif). Inutile dans le cas des tas à l’air libre (la pluie et le vent se chargent de l’opération).

Enfin, sachez que si vous êtes paresseux, très occupés ou que vous n’avez ni besoin d’engrais ni d’amis jardiniers auxquels en donner mais que vous voulez quand même réduire le volume des ordures ménagères à traiter par la collectivité, il est possible d’oublier (presque) tout ce qui précède. Jetez dans votre bac tous les déchets précédemment listés, et c’est tout ! Passé quelques mois, le niveau cesse de s’élever : l’appétit vorace des petites bestioles et autres bactéries agissant sans relâche expliquant sans doute ce petit miracle. Attention : grand terrain et bac fermé indispensables (un compost laissé sans surveillance pouvant produire quelques mauvaises odeurs).

 

 

 

Voilà, vous savez l’essentiel pour vous lancer.
Pour aller plus loin, notamment sur les façons d’utiliser au jardin le précieux amendement, les publications sur le sujets sont légion, et soyez assuré d’une chose : quelle que soit votre pratique du compost, à moins de s’y coller le nez dessus, ça ne sent rien !

+ d’infos :
Guide pratique du compostage domestique http://ecocitoyens.ademe.fr/mes-dechets

 

 

 

 

 

 

 

nota strada :
Le meilleur des déchets est celui qu’on ne produit pas donc qu’on n’achète pas. Soyez vigilant au moment des courses : boycottez ce qui ressemble de près ou de loin à du suremballage et évitez le gaspillage.
Oubliez les activateurs et autres produits marketés en vente dans les jardineries. Totalement inutiles. Que resterait-il dans ces magasins si l’on y supprimait tout ce qui s’obtient le plus simplement du monde sans passer par la case porte-monnaie ?

Marc DOUMECHE