Imaginez …

Nous sommes en plein hiver, la neige s’est installée sur le pays, et voici qu’un incident climatique  – vent violent, neige abondante ou puies verglaçantes, grand froid… nous plonge au moyen-âge : nous n’avons plus d’électricité, et les routes sont impraticables.

Comment faire pour se chauffer, pour se nourrir, pour s’éclairer ? Voilà qui incite à se demander à quelle degré de dépendance ou d’autonomie énergétique nous nous situons.

Pour Norbert, c’est simple, il a tout prévu. Pour lire la suite de l’article, cliquer sur les trois points suivants

 

J’adore

J’adore ces moments ou la réalité nous rattrape. On a l’impression que tout est au point mort. J’adore les coupures d’électricité en plein hiver.

Le seul malheur c’est que le téléphone fonctionne toujours. A part ça, il nous reste les fondamentaux : se réchauffer, faire cuire, s’éclairer avec les moyens d’autrefois. Il ne s’agit pas de nostalgie. Non, nous sommes bien dans le présent.

Ma cafetière italienne s’active sur la cuisinière à bois, je contemple les volutes de fumée de bougies qui disparaissent au dessus de la table. Rassemblés, nous jouons aux cartes, nous discutons. Rien ne nous dérange. Le temps s’écoule. Puis je regarde par la fenêtre, tasse blottie dans mes mains réunies et je souris en songeant à tous ceux qui confondent domotique et domestique! L’huile de coude est de sortie, il n’en faut pourtant guère pour ouvrir un portail ou fermer un volet. Comme le frigo ne sert plus à rien, je mets son contenu dans un sac hermétique et hop ! pendu dehors à un crochet à l’ombre et à l’abri de la pluie (de la neige). Mon ordinateur n’existe plus, il a beau être capable d’exécuter des fonctions exceptionnelles, sans jus, il n’est plus qu’un simple concentré de technologie, obsolète, à peine décoratif.

Le mien de jus, je le sirote sur mon canapé à la lumière de mon puits1 (de lumière). Quelle bonne initiative d’avoir fait poser ses hublots sur le toit l’automne dernier. Vous remarquerez que je n’évoque pas la télévision. Elle nous a quitté il y a maintenant deux ans. Elle ne nous manque pas.

Ah, les lampes LED à manivelle sont de sortie chez les voisins. Demain, on fera le tour du village pour voir si quelqu’un a besoin d’aide.

Dans mon kit de survie énergétique, il n’y a pas grand-chose. D’ailleurs, ils peuvent même couper l’eau, le bachat est à 200 mètres et les toilettes sont sèches 2 (ahah, on a tout prévu !). Sur l’échelle de la dépendance qui compte dix niveaux, on est au premier. Le minimum. C’est sûr, Brigitte et Patrick Baronnet3, eux, n’ont plus d’échelle de dépendance depuis longtemps (…..). On y travaille, chacun son rythme ! Bon, les conserves sont dans la cave, les graines à faire germer dans les pots (en salade, c’est délicieux, avec juste un filet d’huile et une pincée de sel).

Quel calme dans cette maison, pour une fois qu’on entend l’aiguille de l’horloge murale (à pile). Le soir tombe et je croise le regard de ma bien-aimée. Zut, dans mon kit de survie énergétique, j’ai oublié les préservatifs. Tant pis. Pour calmer mes ardeurs et apprécier cet instant de vie sans technologie, je relirai « la terre » de Zola. Et là c’est sur, je serais heureux de vivre dans ce présent et je m’endormirais sereinement. Quand le courant reviendra, je retrouverai mes automatismes.  Dommage, on commençait juste à être bien.

C’est dur la décroissance à subir4 ! Moi j’aime bien décroitre, on en sort grandit.

Norbert Fauvet

1- Le puits de lumière est un conduit qui renvoit la lumière du jour dans une pièce. Un hublot de verre est placé sur le toit.
2 -Si c’est pas votre cas et qu’il n’y a effectivement plus d’eau… désolé. Il reste encore le jardin.
3- Les Baronnet sont les pionniers de l’autonomie (globale) en France – voir leur site internet : www.heol2.org.  Emission à revoir sur M6 Replay – « Les experts, c’est vous » sur la maison autonome – Le mieux c’est d’y aller apprendre l’autonomie (entre autre )
4 -La décroissance, on peut aussi la choisir : c’est plus amusant.