Chaque trois mois nous visiterons une lettre de l’alphabet et vous proposerons trois mots de la lingua occitana. Les textes qui  les suivent sont des créations de circonstance, «à la forme des chansons de geste » agrémentés  d’un peu de modernité grivoise. Les mots en italique soulignés  vous exposent  la polysémie des termes et constituent les traductions les plus communément admises. Ce trimestre nous donnons la primauté, comme il se doit, à la lettre A, la première de l’ Amor.

Vous pourrez à loisir en émailler vos propos pour chanceler les belles ou alanguir vos pastoureaux … Capture d’écran 2013-06-18 à 16.30.30

 
Abrandat 
Son regard aux traits du sourire,
Lumières d’eaux aux rets abrasés
En mon esprit, avide de la quérir,
Fit surgir un amour embrasé.
Inconnue il y a peu, j’y veux terrir.
Des futiles préventions l’en arasé
De ses charnels appâts la chérir
Et de mon vit ardent l’accoiser.

 

Amusi 

A la foire en ce jour me rendis
Et cheminant, vit damoiselle.
De sa monture m’esbaudit
Qui, délivrée de sa selle
Sur la berge s’étendit.
Me prit l’idée de la bagatelle
Auprès de la belle fit l’érudit
Tant flatteur que chut la bretelle.
De la ville ma pensée s’interdit.
A la douce étendue sur sa mantelle
Des vils amusements, tout fut dit.

 

Avelana 

A l’heure tardive de la mordorée
Aux bordures de la sombre futaie
J’allais cueillir nuitamment  les fruits de l’orée.
Tâtonnant le long de l’incertaine haie
Ma main quêtant  les noisettes adorées
Je senti, ce soir-là, que d’aussi grosses baies
Bien loin des fruits de la gent arborée,
Attachées au gland de la verge d’un niais
Ballotaient au gré de mes mains révulsées.
Du rêve sylvicole avec ce troll … je m’éveillais.