Les catalogues de jouets remplissent les boîtes aux lettres, les magasins ont fait le plein pour Noël, mais on joue à quoi finalement ? Dénicher, parmi toutes les propositions commerciales, des jeux et des jouets avec un truc en plus, des jeux qui ont du sens, que les enfants puissent investir, peut devenir un véritable défi.

Un «bon» jouet est un support de jeu avec lequel les enfants vont inventer, créer, transformer, organiser leur pensée intellectuelle.

Quand les enfants jouent, ils développent leurs habiletés sur plusieurs plans. Ils réfléchissent, résolvent des problèmes, s’expriment, bougent, coopèrent, font appel à leur propre imagination, expriment des émotions. Ils imitent des comportements, se les approprient, les intègre et surtout les détournent à leur manière!

Parce que les jeux et jouets sont d’incroyable vecteur d’apprentissage et de plaisir, leur choix doit aller au-delà des aspects vantés commercialement ‘jouets stimulants les facultés sensori-motrices de votre enfant’. Ces jouets peuvent vite coûter cher et sont souvent vite oubliés parce qu’ils limitent l’imagination ; contrairement à ce qui est inscrit sur le carton, ils contribuent très peu au développement de l’enfant. Alors que les bons jouets ont un truc en plus, qu’on appelle le moteur ludique. Un jeu est moteur ludique à partir du moment où l’enfant, quelque soit son âge, est actif dans le jeu.

«Un enfant ne joue pas pour apprendre, il apprend à chaque fois qu’il joue »   Jean Epstein

4 critères pour choisir les jeux et jouets (des tout petits ? )

Développer les sens

Pour qu’un jeu ou des jeux associés soient pertinents, ils doivent développer les sens par des couleurs, des contrastes de noir et blanc, des matières différentes. Un bébé apprend à découvrir son environnement avec tous ses sens. Les objets l’attirent en raison de leurs couleurs, de leur brillance, de leur mouvement, de leurs sons et de leurs textures. Les bébés sont sensibles aux contrastes, par exemple un tissu noir à pois blancs, captent l’attention d’un bébé bien plus que les couleurs elles-mêmes. Les balles, les mobiles en noir et blanc en plus de couleurs acidulés sont alors les bienvenues !

Le plastique est très présent dans l’univers du jouet même s’il laisse de plus en plus de place au bois. Les ustensiles de dînette en inox telle que la casserole ou le fait-tout ont un double intérêt, ils développent les sens et par leur ressemblance à la réalité ils favorisent le prolongement des scénarios de jeu. Une éponge, un torchon en tissu adapté à la taille de la dînette et de l’enfant, comme de petites assiettes en céramique créent l’invitation à jouer et soutiennent l’attention et la concentration du joueur. Plus le coin dînette sera bien imité et plus il remplira son rôle symbolique.

Apparition-disparition

Le second critère doit permettre de faire apparaître et disparaître l’objet. C’est le fameux «coucou-caché» chez le tout-petit. Les boîtes gigognes, les balles qui disparaissent et qui réapparaissent, les livres où l’on peut cacher les personnages aident à acquérir la notion de permanence de l’objet. Une étape essentielle dans l’éveil du tout-petit. Les jeux et supports de jeu de « coucou-caché » permettent d’aider l’enfant à mieux gérer la séparation du matin chez l’assistante maternelle ou la crèche.

A partir de 10 mois, il commence à s’amuser à vider et à remplir des contenants, à les ouvrir et à les fermer. Si il y a un support de jeu à privilégier jusqu’à l’âge de 3 ans environ ce sont les contenants de toute taille. Boîtes, récipients, pots, bassines, panières à linge, cartons d’emballage. En mettant dedans, en vidant, en se cachant à l’intérieur, le jeune enfant intègre le dedans-dehors, la maison-la crèche et s’identifie petit à petit comme personne bien distincte de ses parents. Il accède ainsi au «je» par le jeu. Il apprend à mieux vivre les séparations (partir, rentrer, aller dormir…)

Action-réaction-transformation !

Une toupie, un toboggan à petites voitures, les jouets à tirer tel le canard qui se déhanche lorsqu’on le tire assurent leur fonction de «action-réaction». A chaque fois que votre enfant actionne ce type de jouet, il y a réaction. Pour le jeune enfant, c’est lui qui est à l’origine de cette transformation. Le jeu nourrit alors son estime personnelle. Il en est de même avec les jeux de construction et d’assemblage pour les tout-petits comme pour les plus grands.

Causalité

Plus l’enfant pourra répéter son action et plus le jouet confirmera son talent de moteur ludique.  L’enfant prend alors conscience que ses actions engendrent d’autres actions,( la cause à effet). Il comprend  qu’il peut interagir avec l’objet.  Les enfants ont besoin de s’approprier les jouets, les objets, de maitriser le jeu. La répétition est rassurante, constructive, donne des repères et procure du plaisir.

Le plaisir est en fait le premier moteur de jeu ! Vous constaterez aussi que, paradoxalement, plus les jouets sont riches en expérimentations et plus ils sont simples.

Vous savez tout sur les jeux qui ont le truc en plus, maintenant c’est à vous de jouer !