La cuisine crue est une cuisine vivante qui privilégie les aliments à fort taux de nutriments, facilement assimilables par le corps humain. Elle utilise des aliments non raffinés, comme le sucre, et non transformés. La cuisson est proscrite car elle détruit la plupart des vitamines et les enzymes – protéines nécessaires à la digestion. Si elles ne sont pas apportées par ce que nous ingérons, c’est le corps qui devra les fabriquer lui demandant beaucoup d’énergie. D’où le coup de barre qu’on connait tous après un repas lourd, riche et gras.

S’alimenter avec du cru permet de maintenir sa santé à un niveau optimal. Les personnes suivant ce type d’alimentation assurent avoir un regain de vitalité.


IMG_8654 - CopieJ’ai rencontré Marlène Chatellier, jeune femme souriante et passionnée, qui a ouvert l’année dernière le restaurant « Cru en elle » sur le chemin de Stevenson, à Rauret. Un projet audacieux et quasi inédit en France. Son objectif est de faire découvrir l’alimentation vivante et la cuisine crue. Mais en milieu rural, la tradition culinaire est fort différente du tout cru et du tout végétal. Marlène fait donc une entorse à son concept en proposant une assiette du terroir avec des produits d’origine animale (fromage, charcuterie) mais toujours sans cuisson.

 

CRU EN ELLE

 

 

RAURET – 06 28 07 12 79  www.cuisine-cruenelle.com

Pour notre spécialiste du cru, l’alimentation vivante est une cuisine strictement végétalienne et sans gluten. Elle même s’autorise de temps en temps des œufs. Ne croyez pas qu’on ne mange que des salades ! La cuisine de Marlène est surprenante, belle et délicieuse. Les papilles sont à la fête et bien que rassasié on repart le corps léger et l’esprit alerte.

 


 

Alors, qu’est ce qu’on mange ? 

Fruits et légumes, jeunes pousses, jus d’herbe… Les graines sont germées, que ce soit les légumineuses comme les lentilles, les céréales (blé, sarrasin, quinoa) ou encore les oléagineux (tournesol, courge, amande…) Le soja est utilisé fermenté, sous forme de miso ou de tamari (pas de tofu). Le jus de citron frais remplace les vinaigres. Les algues et les produits lactofermentés tiennent une place importante. Le sucre est remplacé par du miel ou des dattes. Les aliments peuvent être déshydratés à une température maximale de 41 °C, limite au-delà de laquelle les précieuses enzymes sont détruites. Cette déshydratation à basse température permet de fabriquer des crackers salés ou sucrés, à la texture croquante.IMG_8416 IMG_8101 27935_10151309027152456_1612959470_n

 


 

Cette cuisine ne demande pas plus de temps de préparation mais nécessite une planification importante, en particulier pour le trempage des graines qu’il faut anticiper. Elle présente l’avantage de très bien se conserver, d’autant plus qu’on n’utilise aucune denrée considérée comme sensible. Elle est peu gourmande en électricité, le déshydrateur consomme beaucoup moins que le four qu’il remplace. Il vous faudra aussi un extracteur de jus, un blender, un robot ménager, un germoir, une mandoline et un bon couteau. Plus de poêle, de sauteuse, de plat à gratin, on garde quand même une casserole pour faire chauffer certaines préparations à base d’agar-agar (cette algue qui se solidifie à la chaleur).IMG_8297

 


Comment s’y mettre ?

Déjà rassurez-vous, très peu de personnes consomment 100 % cru et ce n’est pas forcément l’objectif à atteindre. Mais on peut facilement changer quelques habitudes alimentaires et en tirer très vite un bénéfice pour sa vitalité. Progressivement, commencer par consommer du cru en début de repas, plus bénéfique qu’en fin de repas. Ensuite on remplace un par un les ingrédients proscrits par des ingrédients vivants. C’est important d’éviter tout sentiment de manque, parce qu’on le sait, dans l’alimentation, l’émotionnel tient une grande place. Ne craignez pas les carences, il suffit de manger des aliments variés. Cherchez, expérimentez ce qui vous convient.


Sur le plan social comment ne pas passer pour une extraterrestre en suivant ce genre de régime ? Chez les autres, par respect, Marlène mange ce qu’on lui propose, même si c’est de la viande.


Vous êtes sceptiques sur la créativité et le caractère gourmet de cette cuisine ? Laissez  vous tenter : je suis sûre que vous serez charmés, j’en mettrai ma main au feu !  Ha ! non !  à couper plutôt… pour rester dans le cru.

Quelques bienfaits que l’alimentation vivante procure aux crudivores et que Marlène a particulièrement ressentis :

  •  amélioration de  l’état général de santé : renforcement du système immunitaire
  • augmentation de la vitalité et de l’énergie tout au long de la journée (donc moins besoin de sommeil)
  •  réduction de la fatigue et la suppression des coups de pompe succédant aux repas lourds et copieux de l’alimentation classique
  •  réduction de la consommation de stimulant (café, alcool…)
  •  amélioration de la mémoire et de la concentration
  •  un corps souvent plus beau : visage et corps plus fermes, peau et cheveux plus éclatants, cheveux et ongles plus solides
  •  stabilisation du poids : vos repas vous apportant des fibres et des protéines, entraîneront rapidement la satiété, évitant de manger plus que vous n’en ayez besoin, cela vous aidera à normaliser votre poids corporel. En mangeant cru vous mangerez certainement moins qu’avant.
  •  certains témoignages disent vieillir en santé
  •  amélioration (suppression dans mon cas) des problèmes de digestion (brûlures d’estomac, constipation, ballonnement…), et digestion facilitée
  • détoxication naturelle
  • aide à réduire le stress et l’anxiété
  • rend plus optimiste

TEMOIGNAGE : Lalimentation de ma fille 

Marlène Chatellier a travaillé dans le tourisme et l’enseignement avant de venir poser ses valises en Lozère puis en Haute-Loire. C’est à la naissance de sa fille et tout particulièrement au moment de la diversification des aliments du nourrisson qu’elle commence à se poser des questions sur l’alimentation. Retour à la nature. Elle part se former un mois au États-Unis dans une école sur l’alimentation crue de renommée internationale, la Matthew Kenney Academy.
« Ma fille ne mange pas tout cru. Au moment de sa diversification alimentaire, je n'étais pas suffisamment alerte sur la manière de lui introduire des aliments crus. Je ne me faisais pas suffisamment confiance et lui préparais simplement des purées cuites à la vapeur douce, donc légumes non crus. En revanche je lui ai rarement introduit des compotes cuites et industrielles, j'ai toujours privilégié les fruits crus et elle adorait ça... Elle a très bien mangé les purées de légumes pendant 1 an ainsi que des graines germées d'alfafa, puis elle a inévitablement découvert ici ou ailleurs le pain, les biscuits industriels, le beurre, le fromage et donc rejette férocement les légumes depuis un an. Personnellement tant qu'elle mange des fruits frais biologiques, je suis rassurée. Elle aime aussi beaucoup les oléagineux et graines. Elle mange parfois également de la viande car mon conjoint (et père de notre fille) consomme toujours des protéines animales et que je souhaite qu'elle fasse ses propres choix à l'avenir. En effet, ce n'est pas simple car un jour ou l'autre elle mangera certainement à la cantine scolaire et hélas elle ne mangera pas ce que j'aimerais qu'elle mange mais nous vivons en société et il ne faut pas l'oublier car elle pourrait me reprocher plus tard le fait de l'avoir trop isolé des autres. En grandissant, je pourrais lui expliquer les raisons de mes choix et elle pourra elle-même faire ses propres expériences (manger tout cru sur une semaine par exemple sans protéines animales) et elle pourra elle-même juger des bienfaits qu'elle pourra ressentir en terme d'énergie, de santé générale, etc. N’oublions qu'il y a des protéines dans les fruits !!!! » Marlène