Encore des progrès à faire à la source !

Le tri, c’est l’ADN la société SRVV, entreprise locale à l’origine de la création d’Altriom, 1er  centre français de tri et valorisation des ordures ménagères. Les frères Charreyre, associés dans la création innovante de l’écopôle Altriom, œuvrent à un changement de paradigme : considérer nos ordures ménagères comme un gisement de matières réutilisables au lieu de les faire disparaître par l’enfouissement ou la combustion. Les bâtiments d’Altriom, situés à Polignac, sont exemplaires tant pour leur intégration au paysage que pour l’efficacité du traitement de l’air et la technicité du process qui permet de valoriser jusqu’à 90 % des ordures ménagères. Mais pour réussir cette conversion, même le centre de tri le plus performant du monde ne fera pas de miracles : c’est à chacun de prendre la responsabilité de trier ses déchets : ordures ménagères d’un côté, déchets pour poubelles jaunes, colonnes à verre, container textile de l’autre, et de se rendre à la déchetterie quand le produit l’impose.

 

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Ne jetons pas la pierre aux particuliers alors que toutes les collectivités de Haute-Loire n’ont pas encore choisi le tri, certaines préférant encore la décharge ou l’enfouissement au recyclage. L’écopôle a également été pensé pour servir d’outil pédagogique. Des passerelles et salles avec fenêtres donnant sur les locaux techniques aident à comprendre la complexité de la tâche et ses enjeux. Une manière de rendre le processus industriel encore plus vertueux en incitant chacun à mieux trier ses ordures à la source.

Le centre de tri met en lumière les pratiques des habitants et pointe leurs dysfonctionnements. Sur les tapis roulants où s’étalent nos ordures ménagères, on repère en effet beaucoup trop de déchets qui n’ont rien à faire là : des plastiques, des encombrants, du petit électroménager, du PVC, des piles, du textile et du verre en veux-tu en voilà. Matthieu Charreyre, qui nous fait visiter l’installation, raconte leurs efforts : « Nous menons des partenariats avec des organismes comme COREPIL qui finance une étude de caractérisation du gisement des piles dans les ordures ménagères. Nous envisageons aussi d’accueillir une personne d’AVI 43 (association d’insertion par le travail de ramassage, tri et vente de vêtements d’occasion à Yssingeaux), elle pourrait quantifier les textiles trouvés en un mois dans les poubelles. Un autre eco organisme, devrait bientôt définir la quantité de déchets d’équipements électriques et électroniques mal orientés par les particuliers. » Le but de ces études, faire remonter les informations aux collectivités pour qu’elles améliorent la cohérence des collectes.

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Matthieu CHARREYRE, un des trois dirigeants d’ALTRIOM.

Une installation exemplaire de tri et valorisation des
déchets, mais complémentaire du tri des partiuliers.
www.altriom.fr

 

Le casse-tête du tri du verre quand il se retrouve dans la poubelle grise. « Dans le processus de fermentation des matières organiques, ce qui nous pose le plus de problèmes, c’est de gérer les débris de verre. La norme du compost (revendu aux agriculteurs) exige une présence inférieure à 2 % ». Bientôt, une machine supplémentaire ira chercher les morceaux récalcitrants par rayons X. Pour autant, Matthieu Charreyre préférerait, là aussi, que l’usager améliore son tri. « Dans les colonnes à verre de l’agglomération du Puy, nous ne récupérons que 20 kg de verre par habitant et par an, alors que la moyenne de Haute-Loire est de 30 kg/hab/an. La densité de l’habitat vertical en vieille ville du Puy explique pour une part la sous-performance de l’agglo, mais il reste des progrès à faire en matière de généralisation des points de collecte. Ce différentiel de 10 kg se transforme en 600 tonnes de déchets ménagers supplémentaires confiés à Altriom et qui coûtent 60 000 euros par an à la collectivité. De notre côté, le surinvestissement lié au retrait du verre dans notre compost est monstrueux ! »

Poser un acte citoyen. Si nous pensons qu’il est cohérent que nos déchets remplacent les matières premières que nous n’avons pas et que nous ne voudrions pas piller, si nous pensons que l’argent des collectivités peut servir d’autres projets plutôt que de payer les conséquences de notre paresse, appliquons-nous aux gestes de tri !

JA