On nous parle sans arrêt de la consommation des ménages comme seul moyen de maintenir ou de relancer l’économie. Et si on imaginait un monde différent pour la sortie de la crise actuelle ? Pour lire la suite de l’article, cliquer sur les trois points ci-après

Aujourd’hui, pouvoir d’achat et consommation restent les maîtres mots de la relance. N’est-ce pas oublier un peu vite la récente flambée des prix sur les matières premières pour cause de consommation trop forte dans un monde fini ? Tous les maux actuels de la société de consommation sont relatifs à la destruction de l’environnement, tant en amont avec l’extraction des ressources naturelles qu’en aval avec les rejets de déchets.

La déconsommation, qui n’est pas un phénomène économique mais plutôt une posture idéologique, préconise de remplacer le « consommer plus » par le « consommer mieux ». Sur le plan alimentaire, les adeptes de ce mouvement privilégient des produits contenant moins de graisses et moins de sucres, réduisent leur consommation hebdomadaire de viande et achètent des produits locaux. Pour les objets, leur principe est de les faire durer plus longtemps : la tendance serait de les customiser pour les prolonger plutôt que de les jeter et les remplacer, en opposition avec l’idée de recyclage encore trop consommatrice de matière et d’énergie.

Ce mouvement est le signe d’une mutation dans l’imaginaire des consommateurs. La consommation devient un élément secondaire et réintègre son statut purement fonctionnel. Elle redevient un moyen, un outil, et non une fin  ou un dogme. Lorsque le gouvernement imagine une taxe sur les produits jetables, le symbole de la contestation se focalise sur les couches-culottes lavables, utilisées par les plus puristes des déconsommateurs.

Nous n’allons pas tous tenter l’expérience de Christophe Mac Candless, héros malheureux de «  Into the wild »*. Le retour à la nature n’est pas gagné : notre organisme de citadins élevés aux antibiotiques s’inscrit aux abonnés absents face à la rudesse de la nature. Mais la déconsommation donne des pistes d’alternatives en ces temps d’urgences sociale et environnementale.

Et si, plutôt que de chercher à produire plus de biens de consommation, on développait des activités qui permettent de rendre autrui heureux ? de donner de l’attention aux autres ? de favoriser la santé, le savoir, la culture ? de développer aussi d’autres secteurs d’activités comme l’amélioration de l’environnement et de notre cadre de vie ?… alors, de cette crise pourrait renaître un monde bien différent.

T.B.

* Into the wild, 2008, film de Sean Penn. En fin d’études, un brillant jeune homme détruit argent et papiers d’identité et décide de disparaître pour se confronter seul à la nature. Il ne sortira pas vivant de son expérience.