PÉRIPLE à VELO

Le 13 juin, ça vous dit quelque chose ? La journée de l’albinisme…, la fête de saint Antoine de Padoue… Vous n’y êtes pas… C’est le jour 1 du tour du monde de Fantig et Jean Marc. Ils partent de Haute-Loire à vélo, pour un voyage qui pourrait durer deux ou trois ans !

Un tour du monde de nos jours n’a plus le parfum d’aventure d’avant la mondialisation, mais quand il est réalisé à vélo par deux retraités qui ne se connaissaient pas il y a un an, alors il asticote notre curiosité.

Qui sont ces deux-là, et qu’est-ce qui les pousse au voyage, à la soixantaine, en utilisant un mode de déplacement physique, et dans un confort très très relatif ?


Qui sont-ils ? 

Fantig a une silhouette de jeune femme, affutée par le sport. Elle a été monitrice d’escalade, accompagnatrice de randonnée, gérante du parcours escalarbre des Estables… Jean-Marc est du même acabit, élancé, sans une once de graisse apparente, ancien maitre-nageur et responsable des services des sports de l’agglo du Puy. Tous deux en baskets-jogging avec le teint hâlé des personnes qui passent du temps au grand air. Récemment elle suivait seule la ViaRhôna à vélo et projetait de partir en Irlande, alors que Jean-Marc pédalait en bord de Loire du Gerbier à Saint-Nazaire et pensait à l’Écosse. Une amie commune, connaissant leur marotte, les fait se rencontrer. Ça matche : ils parlent le même langage.

C’est le début d’une amitié mais aussi du premier confinement. Seulement une heure de sport extérieur autorisée par jour c’est frustrant pour la dépense sportive mais suffisant pour se tester, apprendre un peu à se connaitre, à s’apprécier et décider de partir ensemble à vélo, en Irlande. Comment s’entrainer ? Ils envoient des kilomètres sur place, dans le salon de Jean Marc, grace à un home-trainer sur lequel ils installent leur vélo tour à tour. Ils suivent un programme de préparation physique de leur cru qui travaille le cardio et leur fait « de bonnes cannes ».

SMS de Jean-Marc : « On va pouvoir faire le tour de l’Irlande deux fois« .

Réponse de Fantig : « Et pourquoi pas le tour du monde ?« .

Finalement, le départ pour l’île verte est annulé cause quarantaine. Ils le remplacent par un parcours le long du canal des deux mers, mais l’idée d’un plus grand voyage, en autonomie, murit dans la tête des deux amis.


Fantig

Aller voir le monde

« Le vélo, pour moi, c’est la liberté, la possibilité d’aller où on veut, le choix de la lenteur. Le bonheur d’être dans la nature, de découvrir d’autres flores, d’autres faunes, d’autres types d’agriculture.«  Fantig

 

Jean-Marc

Faire des rencontres

« On nous dit qu’on est courageux mais pour nous, pédaler, même avec un vélo chargé, c’est du plaisir. » Et surtout : « Voyager léger facilite les contacts. » Jean-Marc

Yes, they can  Les futurs voyageurs apprennent intensivement l’anglais auprès d’un professeur particulier, Françoise Stowel à Yssingeaux, qui s’adapte à leur niveau et leur besoin.

 


Prêts à pédaler sur 40000 km !

40 à 50 km par jour leur semble une moyenne qui ne sollicitera pas trop l’organisme. Parfois ils parcourront 100 km (ce sera le cas au Turkmenistan qui impose un visa de 5 jours maximum alors que la traversée du pays compte 400 kilomètres), d’autres jours ils ne feront que 10 ou 20 km (comme sur les pistes de la chaîne du Pamir à 4 000 mètres d’altitude). En théorie, leur itinéraire tracé sur le site a-contresens.net couvre 482 jours, repos compris, mais ils prévoient plutôt 2 à 3 ans de voyage.

Combien de kilomètres en tout ? 40 000 km, c’est bien ça, le tour de la Terre ?

 

Départ de Haute Loire, un petit tour dans les Alpes pour dire au revoir aux amis et mettre en jambes et zou ! Fantig et Jean-Marc tracent vers l’est, direction la route de la soie… Arrivés en Chine, ils ne seront qu’à 1/3 de leur voyage.


Equipés pour l’autonomie

Le matériel réparti dans des sacoches et une remorque rassemble 2 tentes, 2 duvets, (oui l’intimité c’est important, surtout qu’ils ne sont pas en couple, insistent-ils), de quoi faire à manger et la lessive, des médicaments, des outils, très peu de vêtements…

En Europe, ils projettent de dormir souvent en camping, mais ensuite ce sera du bivouac, et parfois, en fonction de la météo et de l’état de leurs dos, ils s’offriront quelques hébergements en dur. Warm Shower, une communauté internationale de cyclistes en ligne, leur permettra peut-être de bénéficier de ce moment si apprécié après une journée d’efforts.


Matériel : du costaud !

Le vélo de Fantig, avec les sacoches, est un Farrhradmanufaktur. Alors que Jean-Marc a assemblé son propre vélo sur une base de Rockrider. avec l’aide de David leyre Davy LEYRE, spécialiste du montage et de l’entretien des vélos au Puy. Ce sont des modèles solides, à la structure en acier parce qu’en cas de casse, on trouve partout de quoi souder. Les pneus sont ‘toutes routes’. Une analyse posturale avec David Vey, kiné au Puy, leur a permis un réglage fin adapté à leur morphologie. A Vélomania, Fantig a fait faire une selle avec empreinte de bassin. À chacun sa notion du confort !

Pour communiquer ils emmènent des téléphones avec double SIM, un netbook, une Go-pro, un appareil photo « pour faire de la macro » précise Fantig, passionnée de botanique. On aura sans doute le plaisir de les suivre dans leur aventure si ils ont encore l’énergie, arrivés à l’étape, d’écrire et de poster des infos sur leur blog… www.myatlas.com/Lesvieuxrayons


Budget : 15/jour tout compris, soit 500 /mois.

Il s’agit d’une moyenne, le temps passé en Europe étant bien plus couteux que celui passé au Chili ou aux Philippines. Les destinations les plus riches, et donc les plus chères, n’ont pas été retenues.


Sécurité ?

Une astuce que les voyageurs connaissent bien : tous les papiers officiels sont scannés et mis en ligne pour être accessibles de partout. Un carnet de vaccination bien rempli atteste de leur conformité avec les mesures sanitaires des pays traversés et sera au dernier moment complété par celui du Covid. Prévoyants, les deux futurs globe-trotters ont contracté une assurance santé-juridique-vol-rapatriement… spéciale « Tour du Monde ». Enfin, le ministère des affaires étrangères sera informé de leur périple et de leur avancée à chaque passage de frontière. Rassurant.


C’est le moment

Quoiqu’il arrive, les deux amis ont prévu de commencer leur tour du monde le 13 juin.

« C’est le moment de partir, on ne peut pas attendre d’avoir 70 ans ! On part et on verra comment sera la vie. » Sûr qu’elle leur réserve de belles aventures !