A quoi ça sert ?


C’est la question des enfants demandant à quoi servent les maths, ou les accords de grammaire. On peut leur donner des tas de réponses très raisonnables, en ayant l’air convaincu, mais pourtant, parfois, on se pose la même question qu’eux, comme par exemple : mais à quoi ça sert que je me lève ce matin ; que je continue à m’appliquer dans ce boulot alors que je n’ai aucune reconnaissance ; que j’aille chez le coiffeur alors que Monchéri ne s’en rend jamais compte ? Des questions existentielles quoi… On pourrait croire qu’elles interrogent l’utilité de nos actions mais on sait bien que si on continue de grignoter du chocolat entre les repas, ce n’est pas parce que c’est utile mais uniquement parce que ça nous fait plaisir, donc ça nous fait du bien, donc… peut-être que c’est très utile !
A l’origine, la question derrière la question « à quoi ça sert » interroge le sens. Ben oui. On cherche du signifiant. Quelque chose qui nous rassure sur notre direction. Il y a une phrase que j’aime bien, du mexicain Chico Mendes, un des pères du développement durable. Il dit : « Au début, je pensais que je me battais pour sauver les hévéas ; puis j’ai pensé que je me battais pour sauver la forêt amazonienne. Maintenant, je sais que je me bats pour l’humanité». Comme quoi, l’important c’est de commencer à agir, même sur des petites choses qui semblent dérisoires. S’engager dans une action, et voir le chemin naître sous nos pas.
Sans être dans les enjeux de Chico, c’est ce que font les personnes que nous rencontrons pour STRADA : des petites choses qui se transforment en grandes pour tous, et ouvrent de nouvelles perspectives. C’est le voyage de Stéphanie et Romain, partis parcourir l’Asie en tandem ; ils nous donnent des fourmis dans les jambes. C’est le cas des chefs d’entreprises de Saint Julien Chapteuil, installés dans un village au fin fond du Velay qui s’avère finalement une belle aubaine pour leur entreprise, les habitants et leur qualité de vie. C’est le cas d’Amnesty qui fête ses 50 ans et publie régulièrement de vraies bonnes nouvelles. Il y a aussi ceux qui épargnent solidaire, investissent dans une chèvre au Mali, créent en 3 mois seulement un prototype de véhicule électrique… des expériences qui donnent du sens, et réveillent notre entrain.

Joëlle ANDREYS – hiver 2011 2012